Pierre-Olivier Leroy

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À MADEMOISELLE

Ainsi, quand la fleur printanière
Dans les bois va s'épanouir,
Au premier souffle de zéphyr
Elle sourit avec mystère ;

Et sa tige fraîche et légère,
Sentant son calice s'ouvrir,
Jusque dans le sein de la terre
Frémit de joie et de désir.

Ainsi, quand ma douce Marie
Entrouvre sa lèvre chérie,
Et lève, en chantant, ses yeux bleus
Dans l'harmonie et la lumière
Son âme semble toute entière
Monter en tremblant vers les Cieux


Oui, femme, quoi qu'on puisse dire
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l'ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le cœur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n'égale votre puissance,
Sinon, votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J'aime encore mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Mer 27 jan 2010 1 commentaire
C'est ben vrai ça.... c'est pas faute de l'avoir dit, hein...
Tiens, un autre petit bout de Musset-avait-raison, juste pour le plaisir. Quand j'étais ado, je l'avais affiché sur les murs de ma chambre, quand j'étais dans ma phase "cueillons les roses de la vie soyons fous carpe diem" tout ça.

"Eveillons au hasard des échos de la vie
parlons nous d'amour, de gloire et de folie
et que ce soit un rêve et le premier venu."

Bon, j'ai passé ma phase "cercle des poètes disparus" (cf dernier article sur les vingtenaires, d'ailleurs), mais je trouve ça toujours aussi beau...
Diane - le 30/03/2011 à 17h21