Pierre-Olivier Leroy
Par Lucas
(n°1 sur les jeux de mots foireux)
Vous vous rappelez la chanson de Rose ?
"Aller à un concert,
Repeindre ma chambre en vert,
Boire de la vodka,
Aller chez Ikea…"
"La Liste".
J'y repense chaque année au moment du nouvel an, période, s'il en est, des bonnes résolutions. Pour un nouveau départ, une année toute neuve, comme une nouvelle vie, qu'il vente ou qu'il pleuve.
Game over, insert coin : same player shoot again !

Mais chaque année je me refuse à prendre de bonnes résolutions.
Je me dis que je ne vais jamais les tenir alors à quoi bon faire un listing de velléités.
Exactement ce que chante la Grande Sophie dans sa chanson "Les Bonnes résolutions".
Quand vient le mois de Janvier, je nage
Même au mois de Février, je nage
Et d'année en année
Je n'ai fais que passer
A côté de mes promesses
Quand arrive l'été, j'enrage
Je n'ai fait que brasser, dommage
Brasser de l'air
Jusqu'au prochain hiver
D'autres résolutions...
Les lecteurs intègres vont me dire que, Sophie et moi, on manque simplement de volonté, que si on avait vraiment envie d'appliquer un programme on le ferait... Ce n'est pas faux. Mon
petit frère a décidé l'an dernier d'arrêter la clope : un an après il n'a pas rechuté. Idem pour la beuh. Chapeau bas, p'tit frère.
Je n'en suis pas fier mais la raison pour laquelle je n'ai jamais pris de résolutions, au nouvel an, c'est tout simplement que j'ai toujours eu peur de ne pas aller au-delà de la
déclaration d'intentions. Peut-être que c'est l'intérêt de rendre publique une liste de bonnes résolutions ; comme on a des témoins qui ne manqueront pas de nous questionner quelques semaines
plus tard quant à l'application du programme, c'est la fierté qui incite à se tenir aux prévisions annoncées.
C'est un peu sournois comme logique.
Je ne le fais pas pour moi je le fais pour ne pas être stigmatisé par les autres.
C'est lâche, c'est débile (à tous les sens du mot), c'est nimp…
Les résolutions, normalement, ça doit être une manifestation d'énergie et ensuite d'opiniâtreté.
D'ailleurs, en pratique, mieux vaut-il en avoir une kyrielle et n'en faire que quelques-unes ou en choisir trois ou quatre et les faire toutes ?
Pour une question de fierté je préfèrerais la deuxieme solution… mais ya toujours un problème de volonté initiale, une lâcheté implicite que je dois mettre au placard.
Résolutions de Lucas
- Trouver un taff, même merdique
- Courir plus souvent sur les bords de Seine
- Mieux ranger chez moi, être plus rigoureux
- Me remettre au piano et acheter des anches pour mon xaphoon.

En écrivant ces phrases,
Je repense à ce film magnifique, "La vie rêvée des anges", avec Elodie Bouchez (qui se bouge les fesses) et Natacha Regnier (qui se berce d'illusions).
Je repense surtout à ce mail de Nina, qui est venu dans la droite ligne de celui de Maud et de Fabian.
Des mails d'engueulade légitimes devant ma passivité lymphatique et mon incapacité à aller de l'avant, à prendre le taureau par les cornes et à me bouger le cul. Tiraillé que j'étais entre mon
envie de trouver un "bon" taff (comprenez un taff payé 2 fois le smic...) associé au fait que mes copains me disaient guéris, mais avec, en face, des parents médecins qui refusaient de
l'admettre et me disaient que mes efforts ne servaient à rien.
Le tout au sein d'une crise économique (chais pas si vous etiez au courant) qui a rendu encore plus légitimes les 300 réponses négatives ou silences pusillanimes que les DRH m'ont
assénés depuis 15 mois (bande de crevards)
Donc, les déclarations d'intentions, ca suffit.
Je repense au titre d'un film (oui, encore un) et je l'associe au titre d'un bouquin.
Le livre c'est "Et que le vaste monde poursuive sa course folle" (meilleur bouquin de l'année selon la rédaction de "Lire") très joli titre, un peu fataliste, auquel j'oppose un "Va,
Vis, et Deviens" nettement plus volontaire.
Parce que,
Je repense à la belle Tatiana qui est partie, son amour et son baluchon sous le bras, pour refaire sa vie en Amerique du Sud.
Je repense à Nina qui a galéré comme une crevarde pour trouver un taff.
Je repense à Bobby qui mène plen de projets de front
Je repense à tous mes copains qui ont maintenant des salaires annuels à pleurer et dont certains sont vraiment heureux (mais certains seulement)
Et je suis un peu frustré mais pas aigri ni jaloux.
Au contraire.
Léger,
En mode Super Constellation,
Vous savez cet avion magnifique, dont on a l'impression qu'il est toujours prêt à bondir...
Te regarder dormir
Me regarder guérir
Faire du vélo à deux
Se dire qu'on est heureux
Emmerder les envieux.
Et vous, vous vous y tenez à vos résolutions ?
Je laisse le mot de la fin à Calvin & Hobbes :
"it's a magical world, Hobbes, ol' buddy. Let's go exploring !"
Je vous souhaite à tous, complices lectrices, complices lecteurs, pour 2010, tout plein d'bonheurs.