Il y a deux ans j'avais créé un bachelor dont j'étais le premier prix. Ça s'appelait "Singulier Pluriel". Une dizaine de nanas s'étaient inscrites. Une épreuve par semaine.

"Vous avez 300 € pour m'inviter ce week end : où m'emmenez-vous et pourquoi ?"

voire même
"Pouvez-vous me raconter l'histoire que cette femme partage avec nous, entre chant et musique?"
mais aussi
"Racontez-moi ce que cette femme va faire une fois qu'elle aura fini son café..."
Voila ma version...






Cher Arthur,
Je t'écris cette petite lettre parce que c'est sympa de reprendre un stylo parfois. Tu devrais essayer.
Je ne reconnais plus mon écriture à force de taper au clavier. Je ne dis pas que j'ai du mal à dessiner les lettres mais je souris comme une gamine devant ma calligraphie maladroite. Maintenant, le manuscrit, c'est fini. Ce sont des centaines de graphologues qui doivent tempêter et…
Et je m'égare,
Déjà.

Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu t'écrire cette lettre, je ne sais pas pourquoi je laisse le stylo égrener ces quelques mots, je ne sais même pas si tu les recevras un jour. A vrai dire, l'encre qui s'écoule est des plus apaisantes, comme un fleuve qui emporte tout. Peut-être comme une logorrhée : pour noyer, derrière un flot de mots, des pensées qui surgissent comme ça, impromptues...

Parce que ton image revient, Arthur.
Parfois.
De temps en temps.
Sans crier gare, son cri m'égare.

En écoutant la radio, une chanson que tu aimais ou que tu aimes encore.
En croisant un homme qui porte un costume ou une cravate qui ressemblent aux tiens.
En mangeant un plat que tu aimais, une glace dans un quartier de Paris où nous étions allés ensemble.
En retrouvant un livre dont les pages ont gardé ton parfum.
Devant la fenêtre, quand il pleut dehors et que je me rappelle quand tu me chuchotais à l'oreille, la Chanson qui ne pleure que pour nous plaire…
Ou comme ça.
Sans raisons apparentes.

Je pourrais égréner ces petits moments pendant des heures sans en trouver la fin...

Les soirées DVD sur le canapé blottie entre tes bras. Les p'tits restos, sur les terrasses, les soirées d'août, quand Paris est désert. Marcher à tes cotés au sortir du cinéma quand tu prenais ton air pénétré pour essayer de trouver les mots et dire ce que tu avais ressenti.
Et moi qui te souriais alors que tu regardais devant toi, le regard vague, pensif...
Petit soupir d'un soir.

Arthur,

Je ne raconte pas ça pour être sournoise et t'inciter à revenir vers moi.
Je ne te rappelle pas ces images faciles pour te rappeler les bons moments.
Je ne sais même pas si tu auras cette lettre. Peut-être as-tu déménagé. Peut-être as-tu donné ta nouvelle adresse à la concierge. Peut-être...
Peu importe.
Je ne sais pas, je ne veux pas savoir.
Cette lettre va peut-être arriver chez un inconnu ou une inconnue. C'est pour ça que je ne mets pas d'adresse d'expéditrice : si tu veux me répondre, tu sais où j'habite.

Mais pour répondre quoi ?

3 lignes policées pour me dire que tu es content d'avoir reçu ma lettre ?
Déguiser ta gêne si gêne-t-il y a ?
Me dire des banalités sur ta vie, ton boulot, espérer que je vais bien ?
Conclure sur un" n'hésite pas à venir me voir", ou une autre invitation polie en espérant que je n'en ferai rien...

Oui, je sais bien, ce genre de propos dévoile une femme aigrie.
Ou alors celle qui a sublimé l'autre et qui n'arrive pas à l'oublier.
Déjà un an, Arthur.
Passe le temps sonne l'heure, les jours s'en vont, je demeure.

Anne
Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 13:56
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Edito

Djoune, Two sah'zeunde tène,

- Une réflexion qui monopolise encore toute mon attention :
la Lettre aux Rêveurs Impénitents
- Au Nom de la Prose, en sommeil pour 6 mois.

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