...et c'est l'anniversaire d'une copine.
Enfin pas tout à fait.

 Le concept de friends sur FB a un spectre des plus larges qui va de l'ami intemporel à la connaissance fugace en passant par le coup de foudre d'un soir et le camarade de classe, les amis d'amis et les ennemis d'ennemis, les réseauteurs pernicieux et les musiciens généreux... (pour les artistes, disons que c'est un bon moyen de suivre leur actu s'ils n'ont pas de pages "fan de").

Nébuleuse...

J'avais fait un tri il y a un an et  demi alors que j'étais encore sous le coup du traumatisme crânien...
Et puis récémment,  je me suis dit que c'était stupide...
Ces relations de pixels ne sont pas la manifestation d'une hypocrisie ou d'une amitié réelles. D'une part. Et pourquoi vouloir porter un jugement. D'autre part.



HebuterneModigliani-copie-1.jpg


Aujourd'hui, je vous propose un texte, une fiction qui m'a été inspirée par et qui parle d'Eve-Marie Bodet, une violoniste qui fait donc partie de mes amis sur Facebook, une jolie demoiselle que je n'ai pas encore eu la chance d'aller écouter en live, une musicienne qui est née un 29 février, qui promène donc ses regards enfantins sur la vie puisqu'elle a fêté son 7eme anniversaire en 2008 et que le 8ème arrivera en 2012. Un peu comme la comète de Halley qui passe nous faire coucou quand elle a le temps.
Je ne vous en dis pas plus sur Eve-Marie.

J'ai déjà fait du prosélytisme pour Anne Paceo et Mélanie Dahan, pour Fredrika Stahl voire même plus globalement pour les trio piano... Preches publiés ici ou là, sur My RMS ou les Vingtenaires, que je vous laisse débusquer si vous n'avez que faire.

Lisez-donc la bafouille ci-dessous  et surtout allez écouter  la demoiselle (lien tout en bas)


01386_violin_2560x1600.jpgamis zicos, je vous envoie ce joli wallpaper sur demande (2560 x 1600)




Un soir, là bas
(à Eve-Marie Bodet)

Ce soir, en sortant du bureau…
Tard, très tard,
Ce soir je suis allé au bar d'à côté, chez Philou.
J'avais envie d'un demi panaché,
De sortir de mon monde,
De mon rythme,
Un instant.

Ce soir là, il y a avait une femme accoudée au comptoir.
Une femme que je n'ai pas reconnue tout de suite…
Je savais que je l'avais déjà vue quelque part mais je n'aurais su dire en quelles conditions.
Elle était accompagnée d'un type à l'air sévère, un type qui ne me disait rien.
J'entends par là que je n'avais aucun souvenir de lui mais aussi qu'il avait une mine patibulaire.
 
Personne d'autre dans le bar.
De ces soirées d'août où toute la ville se tait.
Le couple, Philou et moi,
Pas un mot.
La solitude des grandes cités.

Philou a bien vu dans mon regard que c'était un jour sans.
C'est-à-dire sans allant et sans enthousiasme, sans envie de faire un effort pour sourire quand même.
Comme une lassitude envahissante et contre laquelle même le plus volontaire resterait placide.
Il m'a donc fait un sourire complice et il a déposé un verre devant moi.
Sans un mot.
Apaisant.
La bière pour les calories, la limonade pour le souvenir d'enfance : l'alcool et le sucre pour aller mieux.
Réconfort.
J'ai alors relevé les yeux vers la jeune femme et c'est là que je l'ai reconnue.
 
Une des violonistes de l'orchestre,
La soliste aux yeux qui caressent,
L'orchestre de l'opéra d'à coté.
Car tout le monde n'a pas la chance de travailler dans un building avec des baies vitrées pour faire rebondir les regards. Un building comparable a celui érigé à coté, dans le centre dit des affaires.
Très peu pour moi.

Je travaille dans le quartier de l'opéra.
On dit même "à opéra" quand on veut faire celui qui sait, qui est un habitué de la ville.
L'opéra…
J'ai saisi un jour une opportunité.
Comme un stage-découverte.

Je n'avais pas été élevé avec l'opéra. Le rock d'abord, le jazz ensuite, le classique un peu,
L'opéra jamais.
Alors j'ai essayé.
Deux fois, trois fois,
C'est là que je l'ai vue,
La jolie violoniste,
Avec des yeux qui caressent...

,emb.jpg

Je l'ai remarquée, un jour où elle faisait un p'tit solo pendant une scène où les acteurs étaient sans voix.

"Solo", "scène", je ne sais même pas si ces termes s'appliquent à cet univers : mon ignorance va tellement mal avec le décorum inhérent. Sobriété et opéra, ça ne rime pas...


Mais ce soir là, chez Philou,
Oui, ce soir là,
Ma petite musicienne avait eue l'air contrariée.
Comme sur le point d'exploser. Lâcher ses quatre vérités à son compagnon de boisson,
Silencieux,
Cet homme qui ne me disait rien.
Il a tourné légèrement la tête pour me regarder comme s'il avait senti que je le scrutais. Et là je l'ai reconnu...
Le pianiste de l'orchestre.
Sans son costume de scène, j'avais un peu de mal…

Mais ma jolie violoniste avait l'air triste...

Alors j'avoue.
Sur le coup, j'ai eu une envie,
Un peu folle.
Mais il faut me comprendre…

Ce soir là, chez Philou, elle portait tout un mystère en elle.

Elle donnait envie de la prendre dans mes bras mais surtout, surtout, surtout,
Ne pas la serrer trop fort, qu'elle ne se sente pas prisonnière et oppressée.
Comme une envie de lui faire un câlin et de l'écouter
Jouer et parler.
Découvrir son personnage, c'est-à-dire
Lever le voile du costume social, apprécier sa personnalité sans les faux semblants des convenances étriquées.
Pour que cette inconnue avec son archet et son violon devienne autre chose qu'un instrument dans un orchestre.
J'avais envie de l'écouter jouer, en haut d'une falaise de Normandie avec le soleil couchant sur la mer et la lande balayée par le vent derrière elle...

Pfff...
Cliché honteux.
Image facile.
Mais il faut être tolérant avec ceux qui rêvassent après une journée de boulot, le soir venu,
Près de l'Opéra.

Démarche farfelue aurait dit mon père.
Saugrenue aurait-il précisé.
Mais qu'y a t-il de mal à se faire enlever par un parfait inconnu qui vous propose une excursion de 3 jours à des lieues et des lieues d'ici ???

Alors j'ai pris ma décision.
Sur le coup, je me la suis même répétée, comme une injonction.
 
Je vais me lever et aller lui proposer quelques jours de rêveries.

Trois piécettes pour Philou, sur le zinc.
Allez,  j'y vais...








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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 00:01
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Edito

Djoune, Two sah'zeunde tène,

- Une réflexion qui monopolise encore toute mon attention :
la Lettre aux Rêveurs Impénitents
- Au Nom de la Prose, en sommeil pour 6 mois.

Pour me contacter par mail, c'est par ici.

Mais encore...

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