Ca a commencé sur les coups de 5h00 du mat.
L'heure des braves, de ceux qui prennent les trains de banlieue pour arriver tôt au boulot.
D'ailleurs, il a été réveillé par le bruit des machines qui tournent à plein régime.
Un peu perdu, comme un nouveau né, sans repères, il a été poussé sans ménagement vers la sortie.
Comme un enfant à qui on montre le bon chemin.


Avec d'autres congénères, comme des immigrants clandestins, ils ont été emmenés dans des camionnettes en silence.
Des engins conduits par des passeurs sans scrupules qui empochent leur dû et jettent ça et là leurs passagers éphémères.
D'ailleurs, pour lui ca n'a pas été très long, son pilote n'a pas été très loin.
Il l'a abandonné avec ses copains dans un coin triste d'une banlieue triste.
Un peu avant l'aurore,
quand les citoyens dorment encore,


Et ils sont donc partis, chacun,
sans se retourner,
un par un,
Compagnons fugaces trop vite échappés.
Tout avait été éphémère, silencieux et feutré.
Alors il est resté là stoïque.
Un temps, trois mouvements,
Puis une foule, un allant,
Et elle est arrivée.



25-30 ans, élégante et apprêtée,
Attentive à l'image, celle qu'elle voulait donner,
Sans anicroches,
lisse et sans reproches.
Il l'a suivie,
sans regrets et  sans espoirs,
il a pris le train,
avec elle vers Paris.

Bien sûr, elle l'a à peine regardé.

Du bout des yeux,
Lèvres un peu pincées, le buste droit,
déjà engoncée dans son costume social. Maquillage de l'être, idéale idée d'elle.
Personnage de son histoire.

Bien sur,
elle l'a quitté,
de façon abrupte à Opéra pour aller jouer son rôle de financieuse sérieuse,
Sans même un dernier regard à son égard. A peine si elle a laissé les effluves de son parfum.
Le premier acte était joué.

Il est donc resté là tout seul dans son petit RER, dans ce tunnel sombre et étriqué, dans le grondement du traintrain, avec un futur qui manquait d'avenir, imparfait du subjectif.
Mais une station plus loin, à Chatelet, un bonhomme l'a alpagué.
A brule pourpoint,
par surprise,
agressif, sourcils froncés,
le rustre lui a demandé comment serait la météo du week end.

Comment aurait-il pu savoir,
Un mercredi matin...
A peine s'il pouvait lui donner les sorties cinéma de la semaine.
Ils se sont quittés aussi vite qu'ils s'étaient croisés,
quelques minutes plus tard,
sur la ligne 4, à Odéon.

Et là, sans attendre, une comptable de Montparnasse l'a pris à parti et a voulu tout connaitre de sa vie.
Curieuse la comptable, très curieuse.
Pressée aussi,
très pressée.
Regards vifs et chewing gum mastiqué,
Mais elle aussi très volage.
Elle a mis fin à leur relation comme elle l'avait commencé : dans un coup de vent.
Alors notre héros est resté seul. Jusqu' à Raspail.

Raspail où une étudiante lui a fait les yeux doux.
Comme elle allait réviser ses partiels de septembre à Beaubourg, elle voulait un peu de distraction sur son chemin. Et comme elle venait de quitter l'appartement de son amoureux, elle avait les traits apaisés : elle lui a souri tout le trajet !
 
Le reste de la journée s'est passé d'une façon égale.
Jusqu'à 18h36 (horloge RATP),
Quand un cadre fatigué s'est intéressé à lui, quelques minutes.

Et puis, à 18h41 et 24 secondes,
il s'est fait jeter.
A la poubelle.
Une journée, fugitive,mortelle et sommaire,

Vie exemplaire d'un "20 minutes" éphémère.

 
Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /2009 22:59
- Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Edito

 

Noveumbeur, Two sah'zeunde nahine,

- Une réflexion qui monopolise encore toute mon attention :
la Lettre aux Rêveurs Impénitents
- Au Nom de la Prose qui suit son cours

- Et sinon,

Honorables recruteurs,

égarés en ces lieux,
je cherche un emploi et
Mon CV vous tend les bras !
(domaine : communication stratégique)

Mais encore...

Les articles écrits sur
My RMS ou RMS4U

et mon cafteur préféré...

Geo Visitors Map

Vos regards

flux RSS

  • Flux RSS des articles

Viadeo

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés