Il y a quelques jours,
j'étais chez une copine après une ballade dans Paris,
occupé à inspecter sa bibliothèque pendant qu'elle
comatait rêvassait, sur son lit....
J'adore fouiner dans les bibi yotek des gens,
insdiscretion supreme, curiosité exagérée.
On débusque parfois des trésors.
Pas uniquement des titres intéressants.
La présence du livre en ces lieux est un indice, on découvre des traits de caractère de la personne qui a agencé tout ça...
Et là ,
soudain,
en me regardant,
les yeux au loin,
elle me pose la question,
à brule pourpoint :
"Et toi, c'est quoi ton vers préféré"
S'était-elle posé elle même la question ?
Ou avait-elle demandé à quelqu'un d'autre, au préalable ?
Voulait-elle comparer mon avis avec celui de ces amis (pfff, toujours mon besoin de me comparer...).
Je me suis tourné vers elle et je l'ai vue,
les yeux perdus,
partie loin, très loin...
Je me suis retrouvé fort dépourvu quand mes pensées furent revenues.
Un vers vient rarement en solo : duo de rimes, quatrain en rythme,
Des phrases en cadence et légères.
N'est-ce pas une hérésie de chercher UN joli vers ?
Une ligne d'une strophe d'un slam de Grand Corps Malade est-ce un vers ?
Au delà de la beauté intrinsèque du phrasé, il y a toute l'émotion qu'elle transmet en nous.
Par exemple, rappelez vous Alceste, dépité de voir Célimène ménager et charmer Oronte car ce dernier pourrait lui être utile dans un procès. Alceste qui est lassé et qui l'exprime à Célimène, une
fois Oronte parti...
Ô ciel ! De mes transports puis-je être ici le maitre ?
Oui je sais bien, vous allez me dire que ce vers n'est pas beau...
Mais voila. Chez moi, il est empreint d'émotions. Le spectacle de théatre de fin d'année, les répétitions à partir de janvier, le regard passionné de la prof devant les interprétations de ses
élèves, un tout...
J'ai aussi repensé à un titre de chanson, un standard de jazz dont les paroles ont été écrites par une femme, Jane Brown Thompson. Les paroles de la chanson développent le sujet mais rien que le
titre est magique par tout ce qu'il évoque comme tristesse déguisée...
I get along without you very well...
Bien sur en termes de poésie, j'ai tout de suite le reflexe de penser à la musique des mots.
Bien sur, illico, c'est le vers apposé en titre qui s'impose.
Et puis, trop facilement, je songe à tous ces poèmes mis en musique.
Du coup, il est un vers qui s'imisce,
évident, lumineux,
extrait d'un poème d'Aragon,
chanté par Brassens,
repris par Françoise Hardy,
Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes (nouvelle fenêtre)
Je pourrais continuer des heures. Mais je préfère avoir votre avis.
Quel est votre vers préféré ?
Je me suis cantonné à la francophonie mais n'hésitez pas à aller au delà !
Lundi 6 juillet 2009
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Vos regards