Ou pourquoi il faut réécouter la petite fille aux cheveux blonds…
(pour celles et ceux qui ont un compte Deezer, voila une playlist)
Il y a peu de temps j'ai retrouvé mon CD d'Emilie Jolie. La vraie version, celle de 79, mon année de naissance. Oui je sais, ça ne nous rajeunit pas,
En fait derrière son apparence conte pour enfants, Emilie Jolie cache tout un tas de préceptes ou d’invitations à la réflexion. Non, ne partez pas : je vais essayer de ne pas être lourd ; de ne pas
faire comme les profs de français qui vous mettaient un poème en pièce pour vous montrer à quel point il était beau…
Emilie Jolie, c’est un monde magique et nébuleux où tout semble mignon. Certes.
Mais c’est surtout un reflet de notre existence.
On a tous en nous une Emilie Jolie, une impatience juvénile, une envie d’entendre une belle histoire qui nous fasse oublier la routine et l'absurdité du monde.
C'est un monde où les oiseaux nous invitent rêver notre vie et à vivre nos rêves.
Un monde où les Princes ne s'arretent pas à l'apparence de sorcière mais y débusquent la princesse
Bien sûr, les rabats-joie diront que la vraie vie ce n'est pas ça, qu'on ne choisit pas toujours tout, que la vie n'est pas un songe. Mais Philipe Chatel balaye cette logique d'un revers de main
avec le personnage du Prince Charmant Débutant.
Eh oui, nous les hommes, nous sommes tous des princes charmants débutants, sans épée ou cheval blanc. Comme lui, il nous faut écrire notre histoire, notre conte ; aller de l'avant, être responsable
et prendre notre vie en mains, mais aussi...
Mais aussi débusquer dans l'apparente sorcière une vraie princesse… D'une part comprendre que derrière une carapace peut se cacher un être adorable, d'autre part et dans une conception "amour
courtois", mettre tout en œuvre pour assurer le bonheur de sa dame, la magnifier, la porter plus haut. Sic.
Mais revenons à la sorcière, elle-même très méchante au début de l'histoire. Elle montre qu'il est possible de reconnaître ses torts et changer. Question d'amour propre, de courage…et d'honnêteté
intellectuelle. Question de communication aussi, comme le montre le hérisson plus loin. Il évoque toutes les difficultés qu'on peut avoir pour
exprimer un désir, une envie.
Quelle est la fée dans ce livre
Qui me donnera l'envie de vivre
Quelle est la petite fille aux yeux bleux
Qui va me rendre heureux...
Il est aussi fragile que le petit caillou qui pleure. Celui-là aurait très bien pu chanter "
Nobody knows you when you're down & out". La question essentielle de l'amitié, des gens
qu'on oublie sur le bord de la route.
Je suis un caillou, un petit caillou un joli caillou
Je cherche un ami dans la poche de qui je ferais mon logis
Et comme mes frères et comme mes soeurs je serais content
D'être avec un enfant.
Bien sur les rabats joie me diront que par certains cotés c'est un peu glauque. que la chanson Emilie Jolie et le Grand Oiseau évoque toute la vie que Emilie doit vivre avant d'aller au paradis
(Emilie Jolie)
Je m'appellle Emilie Jolie,
Je m'appellle Emilie Jolie...
Et si un jour je deviens vieille,
J'irai pour le ciel, sur vos ailes,
Au rendez vous du paradis
(Le Grand Oiseau)
Mais prend le temps de vivre ta vie
Ma petite Emilie Jolie,
Tu sais dans les pays rêvés
Les oiseaux ne sont pas préssés...
Mais ya tant de choses à voir avant
De partir pour le firmament
Ya tant de pages à tourner
Ta vie ne fait que commencer...
Bon, je vais en rester là ; ne pas vous parler du Coq et de l'Ane et de l'amitié qui transcende les differences sinon on va me taxer de défoncage de porte ouverte. Oui, oui, oui, je commence à vous
connaître...
Mais franchement, je pourrais continuer encore longtemps avec tous les personnages et mon discours de Schtroumpf à Lunettes, à mi chemin entre le naïf et le sentencieux.
Reprenez plutôt votre CD ou votre disque vinyle.
Etonnez vous d'y trouver Eddy Mitchell, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Françoise Hardy, Julien Clerc, Georges Brassens, Henri Salvador, Louis Chédid…
Goûtez aux mélodies bien trouvées, aux références éparses, à la dimension feerique.
Laissez-vous glisser.
Vous allez voir : ça fait un bien fou...