Vu de dehors c'est un bar comme un autre. On pousse alors le tourniquet en bois et l'évidence nous saute aux yeux : l'Apostrophe porte terrrrriblement bien son
nom !

Entre passé et futur, entre ciel et terre, l'Apo nous rappelle que nous sommes encore jeunes étudiants
et pas encore salariés, que nous avons une vie à façonner ; en esthètes si possible. Nous sommes en plein devenir et RMS n'est qu'une passerelle entre notre adolescence et notre âge adulte, entre
nos rêves d'enfants et la réalité de la vie. Un porte-avion qui nous emmène sur l'océan de nos espoirs pour nous aider à prendre notre envol, en un souffle. Un petit lien entre passé et futur, un
petit lien entre l'article défini et le sujet : une apostrophe…
Justement...
Ce bar nous apostrophe et nous interpelle. C'est un lieu glamour et c'est un lien glamour : un couloir entre nos enfantillages de lycée et notre avenir ; notre premier emploi "serieux" à venir.
Mais n'anticipons pas…
L'Apostrophe, c'est d'abord une atmosphère.
Des boiseries éparses, des livres deci-delà et une musique lounge, évidemment.
Evidemment… Aucune mélodie ne doit venir détourner l'attention : mieux vaut un ruissellement apaisant qui invite à se laisser aller sur la moleskine.
L'Apostrophe, c'est ensuite une atmosphère.
Un espace, une constellation, un univers. Le soir venu, à l'Apostrophe, tout appelle à la détente et aux chuchotements. Là tout est sérénité, bien-être, calme et volupté. Une
illustration ? Ces lumières tamisées, ces petites bougies qui veulent éclairer notre lanterne, nous redonner la flamme ou tout simplement creer une ambiance intime.
L'Apostrophe, c'est enfin une atmosphère.
On y va comme on jouerait un rôle. Comme ces histoires de notre enfance avec les "on aurait dit que tu s'rais".
Et pourquoi pas ?
Un simple regard autour de nous est une promesse, une invitation aux rêveries.
"On aurait dit que tu s'rais…"
Le soir venu à l'Apo' il y a toujours des cadres sup qui passent par là, l'air égaré, la mine un peu
défaite. La cravate desserrée, le Martini Bianco sur la table, le BlackBerry allumé en veille "au cas où, on ne sait jamais". Sans oublier le porte-clefs estampillé de l'hélice :
petit sésame de la Béhème garée dans le parking, juste en dessous.
Affalés dans leurs fauteuils, ces vieux trentenaires portent avec eux tout le poids de leurs responsabilités et de leur quotidien. On peut parier qu'ils sont venus là pour se délasser, pour
oublier cinq minutes les OPCVM ou le market trend. Mais oui... Regardez les mieux : ils portent sur leurs fronts tout le poids de leurs existences ; le dossier machin, le premier tiers
prévisionnel à payer, l'augmentation à négocier, les...
Mais non, ce n'est pas le moment. On n'est pas là pour penser à ça : on est là pour se détendre et oublier. Pour sortir du cadre gris et terne du bureau, pour boire un verre. Pour s'évader entre
deux maux, bien accroché à son apostrophe. Avec ses tentures et son décor, avec son environnement hors du temps, l'Apo est une scène merveilleuse : un théâtre où on peut jouer son personnage
public comme on l'entend et façonner librement sa personnalité à grand renforts de relations sociales.
N'importe quel bar ferait l'affaire pour ça ?
Je n'en suis pas si sûr...
L'Apo apporte un décor apaisant et rassérénant à notre existence, l'Apo nous offre un instant de
bonheur. De ces moments de sérénité dont on chérit le souvenir, quelques jours plus tard, lors d'un électif longuet, quand il n'y a aucun écureuil dehors pour venir embellir un quotidien trop
morne. Eh oui, c'est indéniable : quand le monde est terne et gris, quand le monde est froid et balayé par la tempête de nos impératifs, l'Apostrophe est une promesse de jours meilleurs...
L'Apostrophe,
Un bar glamour Place d'Erlon,
Ouvert toutes les nuits jusqu'à pas d'heures,
Un moment par trop éphémère à conjuguer "au temps pour moi".

Vos regards