Articles (notes)

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On n'est jamais assez généreux avec les chauffeurs de taxi silencieux.

 

Il  t'a bien vu sortir du dernier métro,
Il a bien vu que tu titubais et que tu avais perdu toute décence
Que tu t'en foutais royalement de promener ton personnage aviné sur les trottoirs proprets  de Neuilly,

Il a accepté la course.
Mais il a bien senti que ce n'était même pas la peine de te parler.
Ou alors il est taciturne.
C'est pour ça qu'il bosse la nuit : on est moins enclin à discuter, les clients sont plus calmes.

A la radio, il n'y a pas de bavardages futiles, pas de remplissage, seulement des programmations préenregistrées ; comme du papier à musique, efficace,
Comme lui.


Il emporte des passagers éphémères pour des voyages fugaces,
Tous ces destins en devenir qui passent en coup de vent.
Il leur adresse toujours la même tête, il a toujours la même attitude. Poli. Puis silencieux.
Oui, il ne dit rien.
Il laisse la radio donner le ton. Pas trop fort.
Juste ce qu'il faut pour créer un fonds sonore et faire comprendre que ce n'est même pas la peine de lui parler.



 

 

De toute façon, ce n'est pas un problème ; tu ne comptais pas ouvrir la bouche.
Un peu dégouté de ne pas avoir serré Flavienne à la soirée où tu es allé,
Un peu agacé par ta nullité ou ton absence d'audace, ta timidité ou ta crainte de la saouler…
Un peu de tout ça peut-être.
Un peu enervé par l'usage de ce mot qui est venu naturellement : "serrer"...
Ce mot adolescent et facile.
Mais il ne faut pas rêver…


Jamais une femme n'aura les yeux qui brillent dans ces soirées,
Il ne faut pas montrer son intérêt, il faut garder son apparence raisonnée, ne pas dévoiler son engouement,
Ce serait  une faiblesse.

 

C'est peut-être pour ça qu'elle a promené son visage de façade, ses p'tits sourires et ses remarques,
Ou peut-être avait-elle connu, un mois, un jour, une heure avant, une "douloureuse déception sentimentale"...

Bref, elle a joué son rôle, sans aller plus loin.
Et puis la deadline, le couperet, la fin,
Le dernier métro,
Chacun pour soi est reparti, pour toi jusqu'à Neuilly.
Et voila,

 

C'est vraiment débile de se faire des films pour ne pas assumer sa maladresse...

Tu ne bouges pas un cil pendant que tes pensées se baladent.
Pendant ce temps là, le chauffeur fait son travail ; il joue son rôle, en silence,
Il ne roule pas vite,  il fait gaffe, il est scrupuleux ; c'est un professionnel.


On vient de passer Nanterre.
Encore quelques minutes de sérénité en mouvement.

Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /2010 02:56
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Edito

Djoune, Two sah'zeunde tène,

- Une réflexion qui monopolise encore toute mon attention :
la Lettre aux Rêveurs Impénitents
- Au Nom de la Prose, en sommeil pour 6 mois.

Pour me contacter par mail, c'est par ici.

Mais encore...

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