Articles (notes)

On est loin du discours préparé des acteurs du RER.
Ceux qui nous parlent de leurs 3 enfants, du ticket resto et de notre bon cœur.
On est à Auber,
Et il est dix huit heures.

Le RER est arrivé comme un Boeing,
Dans un ronronnement,
Dans un souffle.

 

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Tout le monde s’est rué vers les marches, celles qui emmènent vers la voute un étage plus haut
Et elle était là
En haut de l’escalier
Contre le mur. Dans le coin.
Elle dormait. Recroquevillée.
A même le sol, sur un tapis de feuilles de journaux.

Mais elle n’était pas vraiment là, les yeux fermés. Son absence était évidente. Non pas à rêver à une évasion mais éreintée, comme assommée par une  lassitude.  Un visage harassé, lèvres entrouvertes ; un visage triste sous des mèches grises, fatiguées.

Emotion indicible que de voir cette femme pelotonnée sur sa vie quand les voyageurs passent en courant, en coup d’vent, imperturbables, sans un regard.... Surtout ne pas regarder, ne pas s’apitoyer, ne pas prendre de risques. Surtout ne pas montrer d’émotions, rester dans les canons classiques d’une société où il faut être impassible ou, au contraire, excessif mais jamais, jamais, sincère.


Elle dormait donc, dans son coin, dans son monde, son monde au beau milieu du monde. Petit écueil à peine caressé par les vagues de gens pressés, petit ilot dans cet océan d’apparences en mouvement. Un soupir improbable dans la partition de solistes bourdonnant ; tous en train de jouer leur jeu. Sans fausses notes.

Et moi je suis resté quelques secondes sur la touche.
Sans savoir pourquoi, sans savoir pour quoi.
Sans même vouloir comprendre.
Sans même chercher une cause, une raison à cette misère, sans même vouloir conspuer d’éventuels responsables,
Juste paralysé à regarder cette femme qui dormait, à même le sol, tel un vieux papier jeté là.

Alors,

Je lui ai glissé un billet de 5 € dans sa manche avant de m’enfuir vers l’absurdité de ma vie.
Comme pour m’excuser. Comme pour me rassurer.
Et je pleurais,
Sur cette misère et sur mon impuissance.

Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /2010 10:47
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Edito

Djoune, Two sah'zeunde tène,

- Une réflexion qui monopolise encore toute mon attention :
la Lettre aux Rêveurs Impénitents
- Au Nom de la Prose, en sommeil pour 6 mois.

Pour me contacter par mail, c'est par ici.

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